You are currently viewing Définition du Soufisme

Définition du Soufisme

  • Post author:
  • Post category:Soufisme

Le soufisme est le moyen qui permet la purification de l’âme charnelle (nafs) et de l’esprit (rûh).

Le soufisme est le moyen qui permet la purification de l’âme charnelle (nafs) et de l’esprit (rûh). C’est la répression des vices et l’acquisition des nobles vertus. Le Prophète (SAS) a dit : « J’ai été envoyé pour parfaire les nobles vertus. » Le Cheikh Ahmad Tijan (RA) dit : « le soufisme consiste à suivre les recommandations divines, à abandonner ses interdits dans ce qui est manifeste ou caché, conformément au vouloir divin et non selon la volonté individuelle. » Les vertus favorisent ou conditionnent des attitudes contemplatives, et d’autre part en résultent dans la mesure où elles sont sincères. Elles portent à un dépassement de soi dans la mesure où elles sont profondes. 

Le soufisme est le souvenir permanent d’Allah. Le Prophète (SAS) a dit : « Multipliez l’invocation de Dieu jusqu’à ce qu’on dise : c’est un fou ! » De même : « Multipliez l’invocation jusqu’à ce qu’on dise : c’est de l’ostentation. » Il mentionne aussi : « A la droite du Miséricordieux- et ses deux mains sont dextres- on trouve des hommes qui ne sont ni prophètes, ni martyrs, et dont la clarté du visage éblouit ceux qui les regardent. Les prophètes et les martyrs les envient à cause de leur place et de leur proximité d’Allah. Quelqu’un demanda alors : « Qui sont-ils donc ? » Le Prophète (SAS) répondit : « Ce sont des personnes appartenant à des clans bien distincts, qui se réunissent en vue du souvenir de Dieu, choisissant de ne dire que les meilleures paroles, tout comme un gourmet ne sélectionne que les meilleures dattes. » Les rites ne sont institués qu’en vue du souvenir d’Allah. Le Prophète (SAS) a dit : « La circumambulation autour de la Maison sacrée, les allées et venues entre Safâ et Marwa, ainsi que le jet de pierres n’ont été institués qu’en vue du souvenir d’Allah. » Lui-même dit dans le coran : « Accomplis la prière pour te souvenir de Moi. » De plus, la valeur d’un acte religieux dépend de l’intensité de concentration dans le souvenir qui l’accompagne. Voilà pourquoi le Prophète (SAS), lorsqu’on lui demanda quel combattant obtiendrait la plus grande récompense, répondit ainsi : « Celui qui se sera le plus souvenu de Dieu. » Et quand on le questionna de nouveau : « Quel est le jeûneur qui aura la plus grande récompense ? » Il réitéra sa réponse : « Celui qui se sera le plus souvenu de Dieu. » Et quand la prière, l’aumône, le pèlerinage et les dons furent mentionnés, il fît encore la même réponse. Abû Bakr dit alors à Umar (que Dieu soit satisfait d’eux) : « Les gens du souvenir ont pris ce qu’il y a de mieux ! » Le Prophète (SAS) acquiesça : « Certes, oui ! » Selon Aïcha (que Dieu l’agrée) le Prophète (SAS) « invoquait Allah tout le temps. » Le soufisme est la seule voie où l’adoration de Dieu est sincère, car n’étant effectuée ni pour ce bas monde, ni pour l’au-delà, mais pour Lui exclusivement.
Le soufisme est la connaissance d’Allah qui permet la rupture avec tout ce qui n’est pas Lui pour se lier exclusivement à Lui. Dieu dit dans le Coran : « Que ni vos biens, ni vos enfants ne vous distraient du rappel d’Allah. » Il embellit les cœurs, procure la paix intérieure et le bon caractère. Le Cheikh Zarruq dit que les « sûfi » sont ceux qui sont plongés dans l’adoration de leur Seigneur en vue de Lui exclusivement, mais non pour la recherche du bas-monde ou de l’au-delà. Junayd disait que « s’il y avait sous les cieux une connaissance supérieure au soufisme, nous serions allés à sa recherche. » Cette connaissance est un savoir expérientiel, une connaissance gustative qui ne s’acquiert pas par l’étude mais plutôt par le compagnonnage avec celui qui l’a réalisée.
Le soufisme est une obligation imposée à tous car, à l’exception des Prophètes, personne n’est exempt de vices et prémuni contre les scories du cœur. L’Imam Shâzlî dit que « celui qui meurt sans pratiquer le soufisme meurt enveloppé des grands péchés sans qu’il ne s’en rende compte. » Ni la raison des raisonnables, ni la sagesse des sages, ni la science des docteurs de la loi ne peuvent améliorer leur conduite. Le soufisme est la seule voie où la purification consiste avant tout à nettoyer le cœur de tout ce qui n’est pas Allah par la fusion du cœur dans Sa mention qui s’achève dans la totale extinction en Lui. Cette orientation exclusive vers Allah procure à l’âme une richesse qui la met au-dessus de tout besoin, malgré le poids de la pauvreté extérieure.
Le soufisme tire son origine du Coran, de la Tradition du Prophète (SAS), de la connaissance qu’Allah délivre aux purs (sâlihîna), de l’ouverture parfaite qu’Il procure aux connaissants par Allah (ârif bil-lâhi), et du Fiqh.
Le soufisme emploie une terminologie spécifique dont les concepts suivants : Ikhlass (pureté), çidq (véridicité), tawakkul (l’abandon confiant à Allah), zuhd (détachement), wara’u (méfiance), ridâ (l’agrément du décret divin), taslîm (don de soi à Allah), mahabatû (l’amour divin), fanâ’u (l’extinction en Allah), baqâ’u (surexistence), az-zâtu (l’essence divine), as-sifatu (les attributs divins), qudratu (le décret divin), hikmatu (sagesse), rûhâniyyatu (le domaine de l’esprit), bachriyyatu (le domaine de l’âme charnelle), ma’rifatu haqîqatul hâl (connaissance de la réalité des états spirituels), wârid (la connaissance intuitive), maqâm (stations spirituelles) .

Origine du mot

Selon diverses approches, le terme sûfî dérive des mots suivants :
– De « sûf », la laine, pour traduire la « pauvreté spirituelle ».
– De « as-sûfatu » qui désigne celui qui s’est libéré de tout ce qui n’est pas Allah, pour s’attacher exclusivement à Lui.
– De « sûfa », ce qui est doux, léger. Ce mot traduit l’humilité des « sûfî ».
– De « sifatu » qui renvoie à l’appropriation des nobles qualités et à la purification des vices.
– De « as-safâ’u », la pureté.
– La Mosquée du Prophète (SAS) était caractérisée par la fréquentation d’un groupe qui portait l’éponyme ahlu-sufati dont les membres sont ceux mentionnés par Allah s’adressant au Prophète (SAS) dans ce verset : « fais preuve de patience (en restant) avec ceux qui invoquent leur Seigneur matin et soir, désirant exclusivement Sa Face. Et que tes yeux ne se détachent point d’eux en cherchant (le faux) brillant de la vie sur terre. » (18,28)